70 [ Cycle Road Movie • BONNIE AND CLYDE • Clansayes 29/7/2014 ]


CINQ VILLAGES font leur CINÉMA 2014
Cycle Road Movie

Clansayes, mardi 29 juillet à 21h30, Salle des Fêtes de Clansayes
Bonnie and Clyde, de Arthur Penn
USA / 1967 / 1h51 / VOST / vidéo Blu-ray / Drame policier, Romance
Album photos Pinterest

post7001Warren Beatty (Clyde Barrow) et Faye Dunaway (Bonnie Parker)

« On est en pleine guerre du Vietnam, ce film ne peut pas être immaculé, aseptisé. Fini le simple bang bang. Ça va saigner. » Arthur Penn

Résumé
Une jolie serveuse suit un mauvais garçon pour l’exécution d’un hold-up minable. De fil en aiguille, c’est-à-dire de larcins en meurtres, rejoints par quelques amis, ils forment le gang Barrow, poursuivi par toutes les polices d’Amérique… David Newman et Robert Benton avaient écrit le script pour… François Truffaut ! Arthur Penn en tira une œuvre légendaire qui mélange les genres avec un bonheur constant et s’appuie sur deux interprètes en passe de devenir des stars. La carrière fulgurante du gang Barrow est prétexte à une tragi-comédie sanglante et hétérogène, où Penn, sur des rythmes jazzy, reconstitue les Etats-Unis des années 30 à coups de fausses actualités et d’intermèdes burlesques.
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Générique
Réalisation : Arthur Penn
Interprétation : Warren Beatty (Clyde Barrow), Faye Dunaway (Bonnie Parker), Michael J. Pollard (C. W. Moss), Gene Hackman (Buck Barrow), Estelle Parsons (Blanche, Oscar de la Meilleure actrice de second rôle), Denver Pyle (Frank Hamer), Dub Taylor (Ivan Moss), Evans Evans (Velma Davis), Gene Wilder (Eugene Grizzard)., …
Scénario : David Newman, Robert Benton
Photographie : Burnett Guffey, Oscar de la Meilleure cinématographie
Musique : Charles Strouse
Décors : Dean Tavoularis, Raymond Paul
Costumes : Theadora van Runkle
Production : Warren Beatty pour Tatira-Hiller Productions, Seven Arts, Warner Bros.
Tournage : Albertson Ranch, Triunfo, Californie, USA
Format/Durée : 35 mm, 1.78:1, couleur (Technicolor), Mono, 111 min
Première :  15 décembre 1982 (USA), 5 octobre 1983 (France)
Distributeur : Swank



Bonnie and Clyde
par David Gaertner / 100 classiques du 7ème art, Vol.2 1960-2000 / Éd. Jürgen Müller / TASCHEN / 2008

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« L’excellent scénario, avec ses personnages bien campés, ses dialogues efficaces et son suspense haletant, est mis en valeur par la mise en scène fraîche et originale d’Arthur Penn. »

  Les paysans pauvres des vieilles photos jaunies, au début de Bonnie and Clyde, évoquent l’époque de la Grande Dépression. Le bruit mécanique du déclencheur se fait entendre inlassablement et nous voyons toujours plus de photos de misère et de désolation. Elles nous font penser aux travaux de l’Américaine Dorothea Lange, la chroniqueuse la plus intègre du monde.

  Et voici qu’apparaissent un jeune homme et une femme blonde, les fameux gangsters qui donnent leur nom au film. Le souvenir de Clyde Barrow et de Bonnie Parker semble avoir pâli avec les photos. Pour contraster voilà maintenant un cadrage sur des lèvres rouges et sensuelles. Ce sont celles de Bonnie Parker (Faye Dunaway) qui se roule nue sur son lit et observe d’un œil critique son reflet dans le miroir. Elle est manifestement très frustrée sur le plan sexuel et son travail de serveuse dans un patelin du Sud n’est pas – excitant non plus. Elle a besoin de se changer les idées, et le jeune homme séduisant qu’elle observe devant sa maison arrive à point. Bonnie est impressionnée par les manières crâneuses de Clyde Barrow (Warren Beatty), un truand en complet et panama. Pour bien montrer qu’il ne frime pas, il braque un magasin d’alimentation. Comme des enfants exubérants, ils prennent la fuite dans une voiture volée et traversent les États du Sud. Leur attitude envers les autorités frise l’anarchie, et ils deviennent vite des meurtriers mis à prix.

  Jack Warner, le chef sur son déclin des studios de Warner Brothers, considérait Bonnie and Clyde avec méfiance. Peut-être parce que ce film montre de manière exemplaire ce qui change à Hollywood durant les années 60. Un acteur produit avec des sociétés de production indépendantes un film qui sera dirigé par un réalisateur aux idées artistiques bien arrêtées. L’influence des studios disparaît, le financement et la mise sur le marché deviennent la tâche essentielle. En particulier dans sa représentation crue de la violence et de la sexualité Bonnie and Clyde prouve que, même dans un grand studio, le Production Code qui garantissait l’«innocuité morale» des films hollywoodiens depuis des décennies peut-être définitivement ignoré.

  Le langage pictural radical du film échauffa de nombreux esprits, dont ceux de critiques de cinéma renommés. Ayant visionné le film au festival de Montréal en 1967, ils n’y virent qu’une exhibition triviale de la violence. Retiré du marché après une valorisation minimale, le film ne revint dans les salles qu’après une contre-offensive entreprise par des critiques engagés, dont Pauline Kael, quasi inconnue jusque-là.

  Bien que le film présente une époque depuis longtemps révolue, les spectateurs, en particulier les jeunes, s’identifièrent facilement aux hors-la-loi, interprétant la brève incursion contre l’autorité de Bonnie Parker et Clyde Barrow comme une protestation contre l’establishment. Et le public américain de l’époque pouvait aussi rapprocher cette population n’ayant guère foi dans le gouvernement et marquée par la Dépression à l’ambiance régnant dans le pays. Des conflits de politique intérieure et extérieure ébranlaient la confiance, ce qui provoquait presque automatiquement une réflexion critique. Le fait que cet élément joue aussi un rôle essentiel dans Bonnie and Clyde, peut avoir été la véritable raison du mécontentement de certains critiques.

  Même si on peut reprocher aussi à Bonnie and Clyde d’être une ballade de gangsters aux accents romantiques, le film fait preuve de sobriété quand il montre la mort. La balle tirée à bout portant en plein visage de l’employé de banque est aussi terrifiante et hideuse que la mort de Buck (Gene Hackman), le frère de Clyde, qui crèvera comme une bête, mettant des heures à mourir d’une balle dans la tête. Et à la fin du film, l’utilisation du ralenti et de perspectives alternées donne à la mort du couple une qualité intemporelle, irréelle. Pris dans la rafale de balles que la police tire sur eux, les hors-la-loi dansent le ballet de la mort. Le couple est ainsi élevé au rang de mythe, sans pourtant connaître la fin libératoire des martyrs. Le dernier plan de caméra montre le chef de l’opération jeter un regard dégoûté sur les cadavres, et puis l’écran s’assombrit. Il ne reste que le malaise.
DG


Dede Allen, chef monteur

  Sur le plan cinématographique. Bonnie and Clyde (1967) offre des possibilités qui semblent illimitées en ce qui concerne l’utilisation d’éléments innovants et dynamiques. Cela est dû aussi, entre autres, à la manière dont le futur réalisateur Robert Benthon et David Newman —ils avaient autrefois travaillé avec le réalisateur de la Nouvelle Vague François Truffaut — ont conçu le scénario. Mais le montage effectué par Dede Allen profite particulièrement au travail non conventionnel d’Arthur Penn dans Bonnie et Clyde qui peut être considéré comme un film d’auteur. Dede Allen doit sa première commande importante au réalisateur Robert Wise, qui l’engage pour le drame antiraciste Le Coup de l’escalier (Odds Against Tomorrow, 1959) exclusivement produit à New York. La collaboration avec Robert Rossen dans le film L’Arnaqueur (The Hustler, 1961) marquera une étape. Grâce au montage, ce film d’un vétéran de Hollywood a l’air aussi frais qu’un travail de Truffaut ou de Godard. Dans les années 60 et 70, Allen marque de son empreinte le style de nombreux films d’Hollywood et collabore régulièrement avec Arthur Penn et Sidney Lumet. Elle n’obtiendra qu’une nomination aux Oscars pour sa collaboration au projet mammouth Reds (1981) de Warren Beatty, comme d’ailleurs pour Un après-midi de chien (Dog Day Afternoon, 1975) de Sidney Lumet et Wonder Boys (1999) de Curtis Hanson. Elle donnera aussi le dernier coup de ciseau à des films de divertissement comme Breakfast Club (The Breakfast Club, 1984) ou La Famille Addams (The Addams Family, 1991) Récemment, elle a collaboré au thriller de science-fiction The Final Cut (2003) du Jordanien Omar Naim.


Filmographie sélective d’ Arthur Penn (1922-2010)

Réalisateur

  • The Left-Handed Gun (Le gaucher), 1957
  • The Miracle Worker (Miracle en Alabama), 1962
  • The Chase (La poursuite impitoyable), 1965
  • Bonnie and Clyde, 1967
  • Alice’s restaurant , 1969
  • Little Big Man, 1970
  • Missouri Breaks, 1976
  • Giorgia, 1981



Programme Cinq Villages font leur Cinéma 2014 – Cycle Road Movie – 28 juillet / 1er août 2014 – 21h30



Sources
100 classiques du 7ème art Vol.2 1960-2000 / Éd. Jürgen Müller / TASCHEN / 2008
Road Movie, USA / Bernard Bénoliel, Jean-Baptiste Thoret / Les Éditions Hoëbeke /2011



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dernière mise à jour : 14 août 2014

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