66 [ Un jour au Festival OFF d’Avignon 2014 ]


Un jour au Festival OFF d’Avignon 2014

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Depuis 2007, l’association Avignon Festival & Compagnies accompagne le Festival OFF d’Avignon, l’un des plus grands festivals de compagnies indépendantes au monde par la richesse et la diversité de ses offres culturelles. 

5 propositions de pièce de théâtre

12h00 – Proudhon modèle… Courbet – Théâtre du roi René (n°102)
13h00 – La maréchale et le libertin – Théâtre des Carmes (n°31)
14h20 – La petite fille de Monsieur Linh – Espace Roseau (n°59)
17h45 – Petits crimes conjugaux –  Espace Roseau (n°59)
18h18 – Le Roi Nu – Théâtre Notre-Dame (n°85)
Album photos : Un jour au Festival OFF d’Avignon 2014



Proudhon modèle Courbet
Jean Petrement / Compagnie Bacchus / Interprètes: Jean Petrement (Pierre-Joseph Proudhon), Elisa Oriol (Jenny, le modèle), Alain Leclerc (Gustave Courbet), Djelali Ammouche (Georges, le paysan braconnier) / Metteur en scène: Jean Petrement / Théâtre du roi René (n°102 – p.338), 6 rue Grivolas / +33 (0)4 90 82 24 35 / 12h00 / durée 1h10

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1855 Courbet sent que l’ATELIER, qu’il va soumettre au jury de l’Exposition universelle sera refusé. Le réfractaire d’Ornans prévoit d’installer en face du Salon, son pavillon du réalisme et compte sur le soutien de Proudhon, héros de la révolution de 1848 , pour rédiger son manifeste du réalisme.Les deux génies s’affrontent « le cérébral mal aimé et le charnel humilié ». Un duel entre le bel esprit ombrageux et le génie bouillonnant de vie et de désirs qui revendique sa liberté de créateur auquel se joignent Jenny, femme libre et émancipée qui tourbillonne entre les deux hommes et Georges, paysan-braconnier aux idées conservatrices. Souvent drôle, ce dialogue à quatre voix est servi par de formidables comédiens qui transcendent un texte fulgurant de rythme et d’intelligence. Du grand Art indéniablement !

La Maréchale et le Libertin
Alain Guyard / Compagnie Théorème de planck /Coprod : Compagnie Thalie / Interprètes: François Bourcier, Annick Gambotti, Emilie Génaédig / Metteur en scène et scénographie : François Bourcier / Théâtre des Carmes André Benedetto (n°31 – p.111), 6 Place des Carmes / +33 (0)4 90 82 20 47 / 13h00 / durée 1h15

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Alain Guyard philosophe, écrivain a réécrit les dialogues de la Maréchale sur la trame d’origine du texte de Diderot en rééquilibrant le dialogue des deux protagonistes et en mettant dans la bouche de la Maréchale le discours d’une philosophe féministe du 21e siècle. Diderot (François Bourcier) se voit remis en cause dans ses tendres utopies rousseauistes. La Maréchale (Annick Gambotti) dévote et pieuse, n’est pas la femme que l’on croit, c’est elle qui va initier Diderot à la philosophie moderne et transforme le libertinage en grand art, ironie et dissimulation sensuelle des âmes. Tel est pris qui croyait prendre ! Excellente mise en scène et jeu d’acteurs talentueux.

La petite fille de Monsieur Linh
Philippe Claudel / Compagnie La Clique / Interprètes: Sylvie Dorliat / Mise en scène : Célia Nogues / Espace Roseau (n°59-p.203), 8 rue Pétramale / +33 (0)4 90 25 96 05 / 14h20 / durée 1h15

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M. Linh est un vieil homme fatigué. Le voilà, au terme d’une traversée éprouvante, qui débarque dans un port occidental, une modeste « valise de cuir bouilli » posée à ses pieds, sa petite fille dans ses bras : Sang diû. Un prénom qui signifie « matin doux ». Mais c’est un froid glacial qui accueille l’exilé et sa descendante. Il faudra l’homme au banc et sa voix grave pour que la vie de M. Linh reprenne du sens. Entre les deux hommes, une étrange amitié se noue. L’un parle, l’autre écoute. Ils se comprennent, non par les mots mais avec le cœur. Et un rien déchire la grisaille…
Une histoire d’exil, d’amitié et de folie très délicatement servi par Sylvie Dorliat, adaptée du roman de Philippe Claudel, l’auteur des « Âmes Grises », le réalisateur de « Il y a longtemps que je t’aime ».

Petits crimes conjugaux
Éric-Emmanuel Schmitt / Compagnie Roseau Théâtre-Originavre / Interprètes: Marie Broche, Philippe Welke / Mise en scène : Marie-Françoise et Jean-Claude Broche  / Espace Roseau (n°59-p.204), 8 rue Pétramale / +33 (0)4 90 25 96 05 / 17h45 / durée 1h30

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L’histoire… par Eric-Emmanuel SCHMITT

La crise qui occupe la nuit de Petits Crimes Conjugaux montre, ultimement, le rôle bénéfique de l’échange. A travers des paroles, des ruses, voire des coups, les deux protagonistes recommencent à échanger… donc à se soigner. Déjà que toute chose se dégrade naturellement, quelle accélération dans la dégringolade lorsque s’y ajoute la négligence… Aussi cruelle soit-elle, ma pièce affirme néanmoins un réel optimisme : l’amour peut durer. Mais pour que l’amour dure, il faut au minimum que les amants le veulent. Volonté et réflexion jouent un rôle important dans les histoires sentimentales ; ce n’est pas l’habitude qui peut appuyer la passion mais l’intelligence.

Chaque fois que j’écris, je découvre ce que je pense ; parfois avec surprise. Ainsi ai-je été étonné de voir arriver sous ma plume le mot « mystère » dans un contexte si peu religieux… D’accord pour cette notion dans Le Visiteur ou Hôtel des Deux mondes, mais ici !… Lorsque Gilles explique à Lisa qu’elle rompt parce qu’elle ne supporte pas l’abandon, que les choses lui échappent, que les situations soient trop fortes, les sentiments trop grands pour elle, il avance l’idée qu’il faudrait au contraire « accepter l’incertitude », « avoir confiance », de « cette confiance qui ne se possède pas mais qui se donne ». « Ce qu’on doit partager dans un couple, ce n’est pas la vérité mais le mystère, mystère que tu me plais, mystère que je te plais, mystère que ça ne passe pas. » Par les dialogues des mes personnages, je réalisai qu’il y a un profond irrationalisme amoureux, nécessaire, incontournable.

Raconter des histoires me permet d’approfondir ma pensée. Si j’avais défini l’amour dans « Variations Enigmatiques » comme « la fréquentation assidue d’un mystère », je précisais dans Petits Crimes Conjugaux, qu’il s’agit surtout d’un « consentement au mystère ». Ainsi thèmes spirituels et thèmes psychologiques témoignent d’une même logique et finissent par révéler des proximités inattendues.
Etrange chemin de la cohérence mentale, une cohérence que je découvre plutôt que je n’en suis l’auteur…

Petits Crimes Conjugaux a reçu une adhésion violente du public. Alors que j’imaginais que l’histoire n’intéresserait que des spectateurs ayant l’âge de mes personnages, je découvris que beaucoup d’êtres se retrouvaient en Gilles ou Lisa. Néanmoins, à la sortie du théâtre, les couples qui venaient me parler réagissaient différemment selon leur génération : les gens de vingt ans me disaient « Quelle cruauté ! », ceux de quarante « Quelle justesse ! », ceux de soixante « Quelle tendresse ! »… Ils avaient tous raison !

A vingt ans, on voudrait que l’amour soit simple.
A quarante, on découvre qu’il est complexe.
A soixante, on sait qu’il est beau parce que complexe.

 

Le Roi Nu
Evgueni Schwartz d’après les contes d’Andersen / Compagnie Fulguro / Interprètes: Pierre-Etienne Royer, Laurie Lévêque, Erwan Orain, Pierre-André Ballande, Benoît Michel, Alexandre Blazy / Mise en scène : Alexandre Blazy / Théâtre Notre Dame (n°85-p.280) / +33 (0)4 90 85 06 48 / 18h18 /durée 1h25

Le Roi Nu02

Henri, garçon porcher, est amoureux de la Princesse Henriette. Mais le père de celle-ci a décidé de la marier au roi d’à côté : moche et tyrannique.
Un roi autocrate, autoproclamé, autosatisfait, autosuffisant et auto tout ce qu’on veut, qui ne se soucie que d’une chose : lui, lui seul et sa royale apparence.
Le roi exige des habits neufs à chaque heure de la journée.
Aidé de son ami Christian, Henri échafaude un redoutable stratagème afin de sauver la princesse et ridiculiser à jamais le despote vaniteux : il lui confectionnera l’habit le plus précieux que la terre ait connu !
Un vêtement tellement merveilleux que bien peu seront capables de le voir…

L’incommensurable bêtise du pouvoir ou le pouvoir incommensurable de la bêtise ! Les contes d’Andersen joyeusement détournés : La Princesse au Petit Pois, Les Habits Neufs de l’Empereur… à la sauce des Monthy Pythons ! Un spectacle délicieusement déjanté, hilarant, joué par une troupe pétillante et performante. Un dépaysement jubilatoire.



Prochain blog :
[ Cycle Road Movie en 5 films du 28 juillet au 1er août 2014 – Les albums photos sont déjà disponibles :
Paper MoonBonnie and ClydeHonkytonk ManEasy RiderVanishing Point ]

dernière mise à jour : 12 juillet 2014

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Cinéma, concert, théâtre, expo... L'objet de l'art nous touche parce qu'il est traversé par notre histoire et rempli des joies de nos existences. | Vertigo, Jean-Pierre Esquenazi
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