44 [ Cycle Films Mythiques • LAWRENCE D’ARABIE • La Garde Adhémar 29/7/2013 ]


CINQ VILLAGES font leur CINÉMA 2013
Cycle Films Mythiques

La Garde Adhémar, lundi 29 juillet à 21h30, Galerie Eric Linard, Val des Nymphes
Lawrence d’Arabie (Lawrence of Arabia), de David Lean
Grande-Bretagne / 1962 / 3h47 / VOST / video Blu-ray 50ème anniv. / Aventures

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Résumé
  1916. Les Arabes se révoltent contre les Turcs, alliés des Allemands, à la plus grande satisfaction des services secrets britanniques. Dryden, membre du « Bureau arabe », charge le jeune lieutenant Thomas Edward Lawrence d’évaluer l’importance de la rébellion. Passionné par sa mission, Lawrence prend contact avec le prince Fayçal, l’un des chefs de la révolte. Ce dernier met une cinquantaine d’hommes à sa disposition pour l’accompagner dans sa périlleuse traversée du désert du Nefoud. Le jeune soldat s’éprend instantanément de la grandiose beauté de cette terre et de la noblesse des guerriers qui la peuplent. Il adopte alors leur tenue adaptée aux rigueurs du climat et milite pour leur indépendance…

Qui est vraiment Thomas Edward Lawrence ?
  Thomas Edward Lawrence (Peter O’Toole) l’annonce dès le départ: « Je ne suis pas comme les autres », dit-il, tentant d’expliquer à un bédouin la différence qu’il existe entre lui et les hommes de son pays, « un pays gras avec des gens gras ». Différent, il l’est – mais à quel point de vue ? Qui est vraiment cet officier anglais d’Oxford, qui durant la Première Guerre mondiale a incité les tribus arabes à se soulever contre les Turcs alliés à l’Allemagne et à l’Autriche ? Un réveur idéaliste ? Un mégalomane égoïste ? Un homosexuel à tendance sadomasochsiste ? Nous ne le savons pas, clamerons en chœur ses supérieurs et ses connaissances après sa mort précoce en moto, nous l’avons à peine connu.
On peut penser que Lawrence sait lui-même à peine qui il est vraiment – et que quand il apprend à mieux se connaître, il est effrayé de ce qu’il découvre -, c’est de cela que parle la biographie monumentale de David Lean qui montre les diverses facettes de cet homme au caractère étrange, sans toutefois vraiment vouloir lever le voile sur le mystère qui l’entoure.

 

  • « David Lean et son chef opérateur Freddie Young ont fait ressortir la solitude et les impitoyables supplices du désert grâce à une utilisation artistique de la couleur… »  Variety      « Le désert sert aussi à refléter la vie intérieure de Lawrence : s’il attire au début du film de manière romantique en tons vifs de jaune, orange et de rouge, il pâlit avec la désillusion croissante jusqu’à devenir d’un blanc-grisâtre calcaire pour finir dans un jaune-gris sale. »  Neue Zürcher Zeitung

La quête d’un homme au bord de la folie
  Lawrence d’Arabie est beaucoup moins un film sur la guerre, la politique et l’histoire coloniale britannique qu’un film sur la quête de lui-même – haute en couleurs – d’un homme au bord de la folie et que seuls intéressent les défis pratiquement insurmontables : Lawrence traversera des déserts que nul n’a traversés avant lui et attaquera par surprise des postes turcs considérés comme inexpugnables. Il forge des alliances fragiles entre les tribus ennemies et finit par prendre Damas avec son armée d’Arabes.
Pourtant au lieu de voir ses passions purifiées ainsi qu’il l’espérait – quand on lui demande ce qu’il lui plaît tellement dans le désert, il répond : la propreté -, il ne rapportera de ses expéditions torturantes que son innocence perdue : initialement habité par l’idée d’aider les Arabes à gagner leur indépendance. Lawrence remarque finalement que les Anglais ne le permettront jamais. C’est pour cela qu’à la fin du film Mr. Dryden, du bureau arabe du gouvernement britannique, le qualifie de « demi-menteur », estimant que c’est pire que de mentir complètement pour des raisons politiques.
A ce moment-là toutefois, Lawrence ne pense presque plus à la politique : sa volonté et sa dureté à la souffrance ont tellement impressionné les Arabes qu’ils lui rendent hommage en le nommant Lawrence d’Arabie, et Lawrence, tel Narcisse, se mire dans le reflet de ses succès et de sa popularité; le délire des grandeurs le prend et il se comporte de plus en plus comme s’il était le Messie du peuple arabe.
En outre, ses campagnes lui ont appris à tuer, et il a pris plaisir au pouvoir que cela procure. Il sera fait prisonnier par les Turcs, torturé et violé – et même ceci, le fil y fait allusion avec hésitation, ne semble pas lui inspirer d’horreur. « Chez le major Lawrence, la pitié est une passion », dira un jour de lui le prince Feiçal, au reporter américain Jackson Bentley, « chez moi c’est le résultat de mon éducation. Jugez vous-même quelle motivation est la plus fiable. » Les penchants de Lawrence lui donnent du souci, non sans raison : quand sa demande désespérée de mutation est refusée, sa mission suivante se solde par le massacre furieux d’un régiment turc épuisé au cours duquel Lawrence semble atteint d’une frénésie meurtrière.

 
Un des meilleurs films monumentaux de tous les temps
  Le réalisateur David Lean et le directeur de la photographie Freddie Young donnent un cadre spectaculaire à ce portrait interprété par Peter O’Toole, pratiquement inconnu à l’époque, et qui aura ici un de ses plus grands rôles. Des panorama grandioses du désert aussi beau qu’impitoyable avec un soleil en boule de feu, ses tempêtes de sable et un horizon qui s’étire comme un trait se déploient ici en Technicolor et en Super-Panavision 70.
Le tournage dura deux ans dont dix mois passés en Jordanie à filmer les vues extérieures.Très impressionnante l’arrivée du shérif Ali Ibn El Kharish qui rencontre Lawrence pour la première fois Il nous semble voir un mirage quand soudain une silhouette d’homme se concrétise et s’avance vers nous. À un autre moment, un navire semble traverser le désert – Lawrence est arrivé devant le canal de Suez.
Toutefois, la mise en scène ne visant jamais uniquement une esthétique visuelle – malgré les vues fantastqies de paysages et les scènes de batailles incroyablement dynamiques, le drame autour d’un personnage fascinant reste au premier plam -, on peut dire de Lawrence d’Arabie qu’il est l’un des meilleurs films monumentaux de tous les temps.

Source : Films des années 60; Jürgen Müller; Taschen 2004
Lien : Lawrence of Arabia; Kevin Jackson; BFI Film Classics 2007

 

Générique
Réalisation : David Lean
Interprétation : Peter O’Toole (T.E. Lawrence), Alec Guinness (Prince Feisal), Anthony Quinn (Auda abu Tayi), Jack Hawkins (Le géneral Lord Edmund Allenby), Omar Sharif (Sherif Ali), José Ferrer (Turkish Bey), Anthony Quayle (Colonel Brighton), Claude Rains (Mr. Dryden)
Scénario : Robert Bolt, Michael Wilson, adapté de Les Sept piliers de la sagesse, récit autobiographique de T.E. Lawrence
Photographie : Freddie Young
Musique : Maurice Jarre
Décors : Dario Simoni
Costumes : Phyllis Dalton
Éditeur/Distributeur : Sony Pictures Entertainment

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