43 [ Cycle Films Mythiques • BLADE RUNNER • Chantemerle 30/7/2013 ]


CINQ VILLAGES font leur CINÉMA 2013
Cycle Films Mythiques

Chantemerle-lès-Grignan, mardi 30 juillet à 21h30, Place de la Mairie
Blade Runner (Blade Runner), de Ridley Scott
USA / 1982 / 1h58 / VOST / video Blu-ray final cut 2007 / Science fiction, fantastique, drame, thriller

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Résumé
  Dans les dernières années du 20ème siècle, des milliers d’hommes et de femmes partent à la conquête de l’espace, fuyant les mégalopoles devenues insalubres. Sur les colonies, une nouvelle race d’esclaves voit le jour : les répliquants, des androïdes que rien ne peut distinguer de l’être humain. Mais suite à une révolte, ces derniers sont peu à peu retirés. Quatre d’entre eux parviennent cependant à s’échapper et à s’introduire dans Los Angeles. Un agent spécial, un blade-runner est chargé de les exterminer…

  • Roy  « I’ve seen things you people wouldn’t believe. Attack ships on fire off the shoulder of Orion. I’ve watched C-beams glitter in the dark near the Tannhauser Gate. All those moments will be lost in time, like tears in rain. Time to die. »


Un film de science-fiction ou un film-noir fantastique
  Des temples en forme de gratte-ciel et de couleur terre se dressent vers un ciel rougeoyant rempli de smog. Des tours d’usine crachent des flammes et une pluie acide s’abat sur des ruelles éclairées au néon. Dans le Los Angeles de l’année 2019, les éléments s’assemblent pour former une ville-monstre futuriste et archaïque à la fois. Ses rues appartiennent à un mélange exotique de différents peuples tandis que les Blancs se construisent de hauts palais architectoniques. Tous ceux qui en ont les moyens ont émigré dans les colonies au-delà de la Terre. Afin de les viabiliser, la Tyrell Corporation a conçu des êtres totalement identiques aux hommes, les « Répliquants » qui travaillent comme esclaves sur d’autres planètes. Il leur est strictement interdit d’aller sur la Terre. Les « Blade Runner » ont la mission de dépister les Répliquants vivant illégalement dans la ville et de les tuer. Une allusion à l’idée du Jugement dernier : seul celui qui est innocent peut échapper à l’enfer… et encore. Ce film extrêmement riche en références philosophiques et théologiques permettrait cette interprétation sans problème.
Rick Deckard (Harrison Ford) était également un Blade Runner. Désillusionné, laconique et un brin cynique comme les héros de film noir, l’ex-policier parcourt les rues pluvieuses de la ville. Il est l’un des meilleurs dans son domaine et on le réactive lorsqu’un groupe de Répliquant, deux femmes et deux hommes, réussit à atteindre Los Angeles. Leur espérance de vie a été limitée à quatre ans et ils veulent maintenant découvrir combien de temps il leur reste à vivre et si possible prolonger cette période.
Leur chef Roy Batty (Rutger Hauer), blond, fort et quelque peu démoniaque. Sa rencontre avec son créateur, Eldon Tyrell (Joe Turkel), un Frankestein futuriste, tourne à la déception existentielle. Tyrell, habitant dans un bâtiment en forme de pyramide rappelant les constructions des Mayas et dormant dans un lit semblable à celui du Pape, n’est pas en mesure de lui prolonger la vie. Batty, l’ange déchu, tue alors son créateur – un parricide et un déicide en même temps.
 
Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?
  Blade Runner, basé sur le roman « Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » (1968) de Philip K. Dick – qui écrivit aussi le roman duquel est tiré Total Recall (1990) – fut un échec commercial mais on le considère tout de même comme une étape essentielle du genre. Un conte philosophique sombre avec une architecture extraordinaire, une chorégraphie des lumières astucieuse et la magnifique musique de Vangelis. Avec Liquid Sky (1982) et Les Prédateurs (The Hunger, 1983), Blade Runner compte parmi les plus importants représentants du cinéma nouvelle vague des années 80. On peut lui coller l’étiquette « postmoderne » ou bien attribuer un certain éclectisme au metteur en scène, mais ce qui séduit ici chez Ridley Scott c’est le principe des différentes strates : éléments d’architecture, détails de vêtements et toutes sortes de sujets et de symboles provenant d’époques et de cultures diverses sont superposées.
 
Un langage citadin inspiré de Metropolis
  Le film utilise de nombreux codes, les mélange au brouhaha babylonien des rues de Los Angeles pour en faire un langage citadin. Inspiré de Metropolis (1926) de Fritz Lang, du style visuel du film noir, des images d’Edward Hopper ou encore des bandes dessinées de Mœbius, Ridley Scott crée une œuvre extrêmement originale qui ne pose rien moins que la question de savoir ce qui fait l’identité des êtres humains. Ce n’est pas seulement grâce à la ressemblance phonétique du nom de Deckard avec Descartes que le texte philosophique sous-entendu transparaît à travers la narration. Le fil conducteur du sujet aborde dans son ensemble la problématique de l’être et de la conscience. Par exemple, le thème de l’œil apparaît tout au long du film sous plusieurs formes. Le son identique de eye (œil) et I (je) en anglais renvoie au sujet. En même temps, l’œil est le symbole de la connaissance et par là même de la conscience de soi qui détermine l’être humain et dont les Répliquants sont également pourvus. « Nous ne sommes pas des ordinateurs, Sebastian (un autre prénom symbolique), nous sommes des êtres physiques », explique Batty et clame ainsi non seulement le fait d’être un humain mais se réfère également à l’un des thèmes les plus importants des années 80 : le corps et le physique.
En effet, c’est justement le corps qui rend les Répliquants identiques aux humains. Rachael (Sean Young), la secrétaire d’Eldon Tyrell, attire en premier l’attention de Deckard sur le risque inhérent à son travail. Lors de leur première rencontre, elle lui demande s’il a déjà tué un être humain par erreur et sensibilise ainsi le spectateur à la question concernant la limite entre l’homme et sa copie, apparemment très floue. Elle a d’ailleurs dépassé cette limite. Elle doit reconnaître qu’elle est elle-même une Répliquante et même plus : une expérience dotée des souvenirs de la nièce de Tyrell lui donnant l’illusion de posséder une biographie. Ses souvenirs sont liés à des photos et ce sont aussi des photos qui renvoient aux Répliquants enfuis. Deckard utilise la photo d’une chambre d’hôtel vide comme un vrai détective du 21e siècle. Il agrandit sur un écran des détails de la photo (à la manière du photographe dans Blow-up de Michelangelo Antonioni, 1966), s’enfonce de plus en plus dans l’image tout comme dans la pièce jusqu’à ce qu’il découvre une femme dans un miroir. Le détective part alors à la recherche d’indices, ce qui se transforme en un voyage à travers l’histoire de l’art pour le spectateur. Ridley Scott évoque dans cette scène plusieurs peintures, entre autres « Les Époux Arnolfini » (1434) de Jan van Eyck, un tableau dans lequel un miroir permet au spectateur de voir le peintre et son élève en même temps que les personnages centraux. Ce ne sont pas uniquement les allusions culturelles qui rendent Blade Runner si fascinant, mais aussi les nouvelles images créées par Ridley Scott et qui sont entrées depuis dans notre inconscience collective. Par exemple, lorsque Deckard poursuit la danseuse au serpent Zhora à travers le labyrinthe de la ville surpeuplée et encombrée et qu’il lui tire dessus, à la suite de quoi elle tombe au ralenti à travers une vitre. Tout comme le verre, les divers rôles qui vacillaient depuis longtemps volent aussi en éclat à la fin. Le chasseur d’androïdes Deckard est lui-même pourchassé et Batty le Répliquant insensible agira humainement.

  • « Occupant le rôle du méchant au début du film, il devient soudain son centre mythique, emphatique. Batty transforme le monstre de Frankestein en Adam biblique ; Deckard passe de chasseur à clone humain. »  Film Comment

 
Différence morale entre Répliquant et humain ?
  C’est Batty qui sauve Deckard de la mort à la dernière minute pour mourir ensuite lui-même. La différence morale entre Répliquant et humain n’existe plus. Encore moins si Deckard est lui-même un Répliquant comme l’indiquent certains indices. La version intégrale apparue en 1992 aurait tendance à rendre cette hypothèse encore plus probable – ses modifications essentielles étant constituées par la suppression de la narration par une voix hors champ et du happy end ainsi que l’ajout d’une scène de rêve.

Source : Films des années 80; Jürgen Müller; Taschen 2002

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Blade Runner en aquarelles
  On doit ce projet pharaonique à l’artiste suédois Anders Ramsell : il a peint 3285 images en aquarelles. Il a ensuite animé ces 3285 planches en papier de riz et les a synchronisées avec les dialogues originaux du film de Ridley Scott. Au final, on obtient les 13 premières minutes de Blade Runner en animation image par image. Le résultat est impressionnant, même si les couleurs pastel sont loin de l’univers sombre du film. Et Anders Ramsell n’a pas l’intention d’en rester là : il compte allonger son projet pour aller jusqu’à la scène finale. Ça risque de lui prendre plusieurs années, mais on attend la suite avec impatience…

webazine L’œil de Links: Présentation de Blade runner aquarelle edition par Anders Ramsell
vidéo YouTube: Les 13 premières minutes en 3285 aquarelles synchronisées avec les dialogues originaux de Blade Runner
vidéo Vimeo: Les 13 premières minutes en 3285 aquarelles synchronisées avec les dialogues originaux de Blade Runner

 

Générique
Réalisation : Ridley Scott
Interprétation : Harrisson Ford (Deckard), Rutger Hauer (Roy Batty), Sean Young (Rachel), Edward James Olmos (l’inspecteur Gaff), Emmet Walsh (le commisssaire Bryant), William Sanderson (J. F. Sebastian), Joe Turkel (Tyrell), Daryl Hannah (Pris), Brion James (Leon), Joanna Kassidy (Zhora)
Scénario : Hampton Fancher, David Webb Peoples, d’après le roman « Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? » de Philip K. Dick
Photographie : Jordan Cronenweth
Musique : Vangelis
Décors : Linda DeScenna, Leslie McCarthy-Frankenheimer, Thomas L. Roysden
Costumes : Michael Kaplan, Charles Knode
Éditeur/Distributeur : Warner Bros.

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