19 [ Marcel PROUST et le cinéma ]


Marcel PROUST et le cinéma

 

« Etes-vous jaloux ? Quand on l’est un peu, cela n’est pas tout à fait désagréable. Cela permet à des gens qui ne sont pas curieux de s’intéresser à la vie des autres personnes, ou au moins d’une autre. Et puis, cela fait assez bien sentir la douceur de posséder. Mais cela, ce n’est que dans les tous premiers débuts du mal ou quand la guérison est presque complète. Dans l’intervalle, c’est le plus affreux des supplices. »  
Marcel Proust / 
A La Recherche du temps perdu Tome 4: Sodome et Gomorrhe

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  • Un amour de Swann – Le temps retrouvé – La captive –
    A la recherche du temps perdu – Mort à Venise


Un Amour de Swann, de Volker Schlöndorff / avec Jeremy Irons (Charles Swann), Ornella Muti (Odette de Crecy), Alain Delon (Baron de Charlus), Fanny Ardant (Duchesse de Guermantes), Marie-Christine Barrault (Madame Verdurin), Anne Bennent (Chloe), Nathalie Juvet (Madame Cottard) / France / 1984 / 1h50

Une journée dans la vie de Charles Swann, riche dilettante prisé par la noblesse et la haute société pour son sens artistique. On le retrouve entouré de la duchesse de Guermantes, de son ami le baron Charlus et bien sûr d’Odette de Crécy, sa grande passion qui le fait courir à travers le tout Paris mondain de la Belle Epoque. Ces sentiments ravageurs entretiennent chez Swann le feu de la jalousie et remettent sans cesse en question la poursuite de cet amour destructeur… Volker Schlöndorff signe ici la première transposition à l’écran d’un fragment de l’œuvre de Marcel Proust, mise à l’honneur par une excellente interprétation.
 

source   Un amour de Swann (Gaumont)
un film mal aimé   Un amour de Swann de V. Schlöndorff
filmo   Volker Schlöndorff, né en 1939, 30 films 

Le Temps retrouvé, de Raoul Ruiz / avec Marcello Mazzarella (Proust), Catherine Deneuve (Odette), Emmanuelle Béart (Gilberte), Vincent Perez (Morel), John Malkovich (Charlus), Marie-France Pisier (Madame Verdurin), Pascal Greggory (Saint-Loup), Chiara Mastroianni, Arielle Dombasle, Edith Scob, Ingrid Caven, … et la voix de Patrice Chéreau / France / 1999 / 2h38 

1922, Marcel Proust sur son lit de mort regarde des photos et se remémore sa vie. Sa vie, c’est son oeuvre et les personnages de la réalité se mélangent avec ceux de la fiction et la fiction prend peu à peu le pas sur la réalite. Tous ses personnages se mettent à hanter le petit appartement de la rue Hamelin et les jours heureux de son enfance alternent avec les souvenirs plus proches de sa vie sociale et littéraire. 
Le Temps retrouvé est avant tout un film sur le temps et la mort, saisi par le regard d’un cinéaste habile et intelligent qui tente d’établir entre l’oeuvre du romancier et son propre travail des liens étroits, de façon à créer une ambiance singulière, ce, par le biais d’un film volontairement non-narratif. Ruiz, en effet, a souhaité épouser les desseins de Proust, parce qu’ils étaient proches des siens, et les a reformulés en termes cinématographiques. De même qu’il poursuit sa réflexion sur la création artistique. La force du film tient à cette volonté de s’approcher au plus près du processus d’écriture. Une extrême complexité d’élaboration l’a contraint à conjuguer une suite subtile de correspondances auditives et visuelles, véritables équivalences que mènent de conserve deux approches de la pensée poétique – celle de la plume et celle de la caméra…

source   Le temps retrouvé de Raoul Ruiz
questions à R.Ruiz   J’ai pu adapter Proust parce que Victor Hugo était trop cher

pour   Mort à Venise ou Le Temps retrouvé au cinéma
contre   Le temps retrouvé de Raoul Ruiz ou le temps perdu au cinéma
 

 

La Captive, de Chantal Akerman / scénario d’après le roman La Prisonnière de Marcel Proust / avec Sylvie Testud (Ariane), Stanislas Merhar (Simon), Olivia Bonamy (Andrée), Aurore Clément (Léa, l’actrice), Liliane Rovère (Françoise), Francoise Bertin (la grand-mère), Bérénice Bejo (Sarah), Anna Mouglalis (Isabelle) / France, Belgique / 2000 / 1h58

En 2000, Chantal Akerman se lance dans l’adaptation au cinéma de La Prisonnière de Marcel Proust, qui se trouve à la fois être une source incessante de fascination pour le cinéma, et l’un des écrivains les plus difficiles à porter à l’écran. Mais parle-t-on vraiment d’adaptation dans le cas de Chantal Akerman ? Atemporel, à peine contextualisé, La Captive possède toutes les qualités d’un récit hors du temps, ce qui constitue, peut-être, un paradoxe concernant Proust. La grande qualité de Chantal Akerman est d’être surtout parvenue à s’acquitter de l’immense complexité de l’adaptation de l’écrivain au cinéma pour réellement adapter le récit à son univers…

critique   Anywhere out of the world – La Captive-  par Vincent Avenel
analyse   par Jean Milly, 2005 

 

 

A la recherche du temps perdu, de Nina Companéez / avec Micha Lescot (le narrateur), Caroline Tillette (Albertine Simonet), Didier Sandre (Baron de Charlus), Dominique Blanc (Mme Verdurin), Éric Ruf (Charles Swann), Valentine Varela (Oriane de Guermantes), Bernard Farcy (Basin, duc de Guermantes), Catherine Samie (la grand-mère du narrateur), Dominique Valadié (la mère du narrateur), Andy Gillet (Saint-Loup) / France / 2011 / 3h50 / téléfilm tourné principalement à Paris et à Cabourg et diffusé en deux parties sur France 2 les 1er et 2 février 2011.

Nous sommes en 1900 et le narrateur a 20 ans. Fils unique, le narrateur a grandi dans une famille française de la bourgeoisie aisée et cultivée, entouré de l’amour protecteur de sa mère et de sa grand-mère. Il est d’une sensibilité exacerbée. Insomniaque, nerveux et asthmatique. Il est enfin arrivé à l’indifférence à l’égard de Gilberte Swann qui a été le grand amour de son adolescence et son premier grand chagrin puisqu’elle l’a rejeté. Consolé, plein de désirs et de rêves d’amour, il part en train pour Balbec (Cabourg) avec sa grand-mère respirer l’air de la mer qui doit le fortifier …20 ans plus tard, après la guerre de 14-18, le narrateur a 40 ans et il est de plus en plus malade. C’est seulement alors qu’il comprend que tous les matériaux de l’œuvre littéraire qu’il va enfin entreprendre, c’est sa vie passée. Et c’est quand le film s’achève, qu’il va commencer à écrire « A la recherche du temps perdu ».  

source   A la recherche du temps perdu (Cabourg 2011)
3 avis    Nina Companeez sous le charme de Proust 

 

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Mort à Venise, de Luchino Visconti / avec Dirk Bogarde (Gustav von Aschenbach), Romolo Valli (le directeur d’hôtel), Mark Burns (Alfred), Nora Ricci (la gouvernante), Marisa Berenson (Mme von Aschenbach), Carole André (Esmeralda), Björn Andresen (Tadzio), Silvana Mangano (la mère de Tadzio) / Italie / 1971 / 2h10.

Un vieux compositeur allemand malade, Gustav von Aschenbach (admirable Dirk Bogarde) s’éprend, dans la Venise du début du siècle, d’un jeune adolescent polonais, Tadzio, représentant pour lui une incarnation de la perfection, de la beauté pure. Visconti a trouvé dans la nouvelle de Thomas Mann (La Mort à Venise, 1912) tout ce qui constituait ses racines intellectuelles (Goethe, Nietzsche, Mahler) et ses préoccupations (le créateur face à la mort, la recherche de la perfection), ce qui contribue à faire de cette adaptation un film paradoxalement très personnel, d’où ressortent deux thèmes majeurs universels, la beauté et la mort, et dans lequel Visconti va à l’encontre des attentes, inversant souvent les valeurs.
« Ce n’est pas un hasard me semble-t-il si après Mort à Venise je m’occupe de la Recherche ». 
(Propos de Visconti recueillis en 1971.) Bien que  Visconti ait abandonné la réalisation du scénario de la Recherche
il existe une remarquable adaptation cinématographique de la Recherche, fascinante, impressionnante de ressemblance avec le modèle, qui démontre que Proust a été adapté brillamment…, et c’est Mort à Venise
Fatiha DAHMANI, extrait de Mort à Venise ou Le Temps retrouvé au cinéma

 

Ecouter deux podcasts Pourquoi Venise ? de l’émission [Les Nouveaux chemins de la connaissance] par Adèle van Reeth sur France Culture des 25 et 26 janvier 2012.

-cd

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Cinéma, concert, théâtre, expo... L'objet de l'art nous touche parce qu'il est traversé par notre histoire et rempli des joies de nos existences. | Vertigo, Jean-Pierre Esquenazi
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